De 1802 à 1953
De 1271 à 1453
De 1470 à 1789
La Révolution
De 1802 à 1953
Documents
Culte de St Julien
De Bellecombe
 
En 1802, Jean-Baptiste de Frontin est de retour d’émigration à la faveur d’une amnistie décidée par Napoléon Bonaparte pour sceller la réconciliation nationale. En tant que propriétaire du domaine de Cuzorn, il vendit une “maseure appelée Castel Rout” à Jean Dusserre, ainsi qu’un lieu appelé “Bois De La Feuille” au sieur Piefort et à son épouse dame Marie Dalché, et un autre appelé “Fut Roc” au sieur André Lavayssière. Par la suite, certaines ventes furent sources de contestations de la part des villageois au motif que l’usage mettait ces terres à la disposition de tous. En 1803, Jean-Baptiste de Frontin épousa Mlle Cora Fargues, et ils habitèrent au château de Ferrassou à Saint-Sylvestre.

Le 11 mai 1804, Jean-Baptiste de Frontin vendît le domaine de Cuzorn à son frère ainé Pierre-Guillaume, devant Me Gondes, notaire à Tonneins.

En février 1812, Pierre-Guillaume de Frontin de Bellecombe, effectua une vente en tant que procureur du Comte de Montalembert qui était seigneur de Monbeau à St Georges, à Jean Augère, propriétaire et marteleur habitant le village de Tesquet, de l’usine à fer appelée “Mouline de Cuzorn”, consistant en une maison pour le maître, un emplacement pour la forge, deux granges à charbon, un petit pré appelé “de vergnes”, etc.

En 1814, la monarchie est rétablie, Louis XVIII monte sur le trône, et l’héritage de la Révolution est remis en cause. C’est dans ce contexte favorable aux anciens nobles, que la famille de Frontin adressa en mai 1828 au préfet du Lot-et-Garonne une requête pour “lui faire adjuger comme biens patrimoniaux les terrains que les habitants de la mairie jouissent en commun” accusant le conseil municipal “d’avoir de déplorable mémoire incendié ou démoli le château et d’être, pour leur maire sans caractère et sans force morale, un sujet de terreur et d’effrois”. Cette requête fit réagir le conseil municipal qui décréta à l’unanimité “qu’il sera sans délai demandé justice devant qui de droit d’outrage et diffamation qui n’ont pu être inventés que par le désir le plus marqué de nuire”.

Le 15 octobre 1856, les sœurs Augustine, St Irénée et Juliette de la Congrégation hospitalière et enseignante des Filles de Jésus de Vaylats furent envoyées à la fondation de Cuzorn. “À leur arrivée, on les logea chez Monsieur Austruy, maître de la forge, bienfaiteur et presque fondateur de cette maison, chez qui elles restèrent pendant 15 jours parce que celle qui leur était destinée n’était pas encore habitable. Elles y furent traitées comme des personnes de la maison. Cependant, nos sœurs ne se trouvant pas à l’aise pour leurs exercices religieux voulurent, malgré les instances de Monsieur Austruy, entrer dans leur maison quoique les ouvriers y travaillassent encore".

Un décret 13 mai 1865 autorisa les sœurs de Vaylats à s’établir à Cuzorn, en imposant comme condition de l’autorisation l’obligation d’admettre gratuitement dans leur école les filles indigentes inscrites sur la liste annuelle dressée en exécution de l’article 15 de la loi du 15 mars 1850.

Le 6 mars 1866, la Supérieure Générale de la Congrégation hospitalière et enseignante des Filles de Jésus de Vaylats fit l’acquisition, en l’étude de Me Constant, notaire à St Front-la-Lémance, d’un immeuble bâti sur les fondements de l’ancien château sis à Cuzorn, aux sieurs Austruy, Mirabel et Berbiguié moyennant le prix de deux mille deux cent francs. La Congrégation y installa l’école libre des filles.

Le 13 octobre 1872, le Conseil municipal de Cuzorn, par les membres présents MM. Baras, Escourre, Lagarrigue, Delcoustal, Delsol, Bergue, Fabre, Delrieu, Glady, Augère, Austruy et Ladevèze, statuent sur la réponse donné par Monsieur le ministre de l’instruction publique à Monsieur le préfet du Lot & Garonne, qui autorise la réalisation de la requête du Conseil municipal de Cuzorn formulée dans sa délibération en date du 3 décembre 1871. Celle-ci demandait que l’école libre fut érigée en école communale avec l’extension de la gratuité de l’instruction publique. “Considérant que depuis le 3 décembre 1871, les religieuses directrices de l’école des filles à Cuzorn n’avaient pas démérité, il n’y avait pas lieu de changer de conduite à leur égard”.

En 1877 ou 78, Charles de Frontin de Bellecombe, né en 1817, fils de Pierre-Guillaume, directeur de la manufacture des tabacs à Tonneins, vendît le dernier morceau de la baronnie de Cuzorn, la métairie de Guirodel, à Monsieur Austruy.

Les filles de Jésus de Vaylats restèrent à Cuzorn jusqu’aux lois du 9 Juillet 1901 et du 7 Juillet 1904 interdisant tout enseignement aux membres des congrégations religieuses. Elles quittèrent le ”couvent de Cuzorn” dès 1903, après une série de procès intentée contre elles, lors desquels la Supérieure Générale de la Congrégation dut défendre ses religieuses.

Le 30 avril 1924, il est passé entre la sœur Alphonse de Liguori, Supérieure Générale de la Congrégation des filles de Jésus de Vaylats, et Monsieur l’abbé Albert Antoine Berny, curé de la paroisse de Cuzorn, un bail “qui donne à loyer pour trois, six, neuf années qui commenceront à courir le premier Mai mil neuf cent vingt-quatre à Monsieur l’abbé Albert Antoine Berny qui accepte un entier immeuble comprenant maison, salles de classes, enclos toutes attenances et dépendances que la Congrégation possède à Cuzorn. Le preneur aura le droit, avec l’assentiment de la bailleresse, de sous-louer tout ou partie de ces divers immeubles”.

Par une lettre du 15 juin 1927 à M. le curé de Cuzorn, la Supérieure Générale explique : “Nos immeubles nous deviennent une lourde charge, en raison des impôts multiples dont ils sont grevés et des frais d’entretien si nous ne voulons pas les laisser complètement détériorer. Nous désirons vendre plusieurs de nos maisons, celle Cuzorn est du nombre. Aussi avons-nous accueilli avec plaisir votre lettre nous disant que vous nous avez trouvé un acquéreur. Nous avons prié M. Cassagne de St Sylvestre de nous servir d’agent d’affaires pour ces ventes. Dès que nous le lui demanderons, il s’entendra avec vous, viendra visiter la maison, se rendra compte des acquéreurs qui se présentent etc. Ce Monsieur est un bon chrétien, il traite beaucoup d’affaires et s’y entend par conséquent. Nous ne devons pas mettre Mme Andrac dans l’embarras, il faudra lui assurer son logement jusqu’à ce qu’elle aura trouvé une autre maison, à moins que l’acquéreur voulut la conserver comme locataire”.

N’ayant apparemment pas pu trouver d’acquéreur, par une lettre du 20 février 1928, sœur Alphonse de Liguori, Supérieure Générale, remercie Monsieur le Curé de Cuzorn, M. Berny, de s’occuper de la location de l’immeuble de Cuzorn, en précisant : “Nous sommes disposées à louer à long terme si le preneur le désire. En louant à long terme pour 18 ans par exemple, nous autorisons le locataire a aménager l’immeuble à sa fantaisie. Nous nous réservons toujours que nos maisons ne serviront ni d’auberge, ni de café, ni de salle de bal ou amusements mondains dans lesquels le bon Dieu peut être offensé ”.

Le 14 mars 1949, la Supérieure Générale de la Congrégation des Filles de Jésus de Vaylats écrit à Monsieur le Directeur de l’agence Pagua à Agen, à propos de la vente de la maison située à Cuzorn : “Il s’agit d’une vaste maison bâtie sur les fondements d’un ancien château surplombant le bourg, inhabitée depuis 1903. Une réfugiée occupe depuis 1940 quelques pièces du bas. Les murs de l’édifice sont bons et solides ainsi que la toiture qui a été révisée il y a quelques années seulement. Un jardin assez grand ainsi qu’une cour en constituent les dépendances”.

Un arrêté du Préfet du Lot, daté du 4 février 1953, “autorise la Supérieure Générale des Filles de Jésus de Vaylats a vendre à l’amiable à Monsieur Rastel Georges, Préfet Honoraire, Trésorier Payeur Général de la Manche, Chevalier de la Légion d’Honneur, aux clauses et conditions des actes des 11 octobre 1952 et 31 janvier 1953 comprenant promesse d’achat, et moyennant le prix de trois cent cinquante mille francs, l’immeuble sis à Cuzorn dit “Couvent de Cuzorn”, comprenant un bâtiment avec basse-cour, jardin et terres labourables, régulièrement entré dans le patrimoine de la Congrégation suivant autorisation accordée par décret du 13 mai 1865”. Cette propriété restera dans la famille Rastel jusqu'au 24 mai 1995...

cuzorn
21/03/02