La Révolution
De 1271 à 1453
De 1470 à 1789
La Révolution
De 1802 à 1953
Documents
Culte de St Julien
De Bellecombe
 

A la veille de la Révolution, la terre était frappée d’impôts et de taxes au profit du roi, du seigneur et du clergé. On payait au roi : la taille et les accessoires, la capitation, les vingtièmes et les impôts indirects. Au seigneur : les rentes, les droits de mutation dits lots et ventes, et les divers droits seigneuriaux, droits de justice, dîmes inféodées, etc. Au clergé : la dîme du blé, du vin et souvent de tous les produits agricoles. Ces divers impôts et la misère des campagnes dans la région fut une des causes de l’adhésion des habitants à la Révolution. Les habitants de la seigneurie de Cuzorn payaient en 1788 au seigneur : rentes six mille livres. Au clergé : dîmes deux mille livres. Au roi : tailles huit mille cent soixante-sept livres. Soit au total 16167 livres. Cette seigneurie était l’une des plus imposées du Haut Agenais.

Le 14 juillet 1789 établissait la Révolution. Les villages de Cuzorn, Las Treilles, Blanquefort, Sauveterre et Bonaguil, firent alors partie du canton de Saint-Front, canton qui fut rattaché au district de Monflanquin.

Le 28 février 1792, Guillaume Léonard de Bellecombe décède en son hôtel de Montauban à l’âge de 63 ans, ayant près de lui sa femme et un de ses neveu Jean-Baptiste de Frontin. Il nomma héritières de ses Biens ses deux soeurs aînées, Suzanne et Élisabeth de Bellecombe, restées célibataires.

En 1792, Jean-Baptiste de Frontin émigra à son tour, après son frère Pierre-Guillaume, et rejoignit l'Armée royaliste à Düsseldorf. A la suite de ces départs, la famille Frontin commença à être inquiétée, et le 13 mai 1794, le citoyen Jean Frontin fut enfermé à la Maison de Réclusion de la ville d’Agen comme complicité d’émigration.

Le 20 mai 1792, le district de Monflanquin demanda la liste des seigneurs et des émigrés, il fut répondu : “Déclarons à Messieurs les Administrateurs du district de Monflanquin que nous avons appris par des voies indirectes que Monsieur de Bellecombe, cy devant seigneur de Cuzorn est mort et qu’il ne s’est présenté aucun héritier pour se mettre en possession de la terre de Cuzorn ”.

Le 21 avril 1793, il fut délibéré à Cuzorn d’aller faire une visite domiciliaire chez le citoyen Lamarque, jugé suspect d’incivisme. “...le citoyen Lamarque, logé au château, pour lui demander ses armes, et n’ayant trouvé que sa femme, elle a répondu qu’elle n’en connaissait aucune. Et sur cela nous lui avons demandé un sabre que nous savons qu’il a acheté depuis son désarmement. Elle a dit qu’il l’avait perdu. Nous lui avons notifié verbalement que le citoyen Lamarque serait consigné dans le domicile du château sans pouvoir sortir jusqu’à nouvel ordre.”

Le 24 avril 1793, le citoyen Lamarque fait observer qu’il n’est pas noble et qu’il est seulement fermier de la terre de Cuzorn. Le citoyen Deveaux, Procureur de la Commune, expose qu’il est suspect pour les causes suivantes : “Que le citoyen Lamarque travaillait à discréditer les assignats ; que Lamarque avait dit publiquement que les représentants du Peuple ne cherchaient qu’à amasser de l’argent et nous abandonner ; qu’on envoyait des volontaires à la boucherie.” Après une telle déposition, la consigne du citoyen Lamarque est maintenue.

Le 12 mai 1793, le citoyen Lamarque reste consigné jusque dans sa basse cour ; le 2 juin 1793, le conseil de la commune lui donne l’autorisation de se rendre aux foires d’Agen pour ses affaires, à la condition d’être rendu à son domicile le jeudi suivant. Enfin, le 9 juin 1793, la consigne du citoyen Lamarque est levée.

Le maire de Cuzorn était le citoyen Bel. Il ne signait plus De Bel, mais Bel Maire. Le 25 frimaire An II de la République (15 décembre 1793), une délibération ordonna la démolition des tours et créneaux et le comblement des fossés du château de Cuzorn. “Et comme on est resté quinze jours sans faire travailler à la dite démolition des objets ci-dessus mentionnés, avons délibéré de requérir tous maçons et charpentiers de notre commune, de même que quelque manœuvre, pour travailler à l’entière destruction des tours, créneaux et comblement des fossés. Et ce, en vertu de l’arrêté du département de Lot & Garonne du troisième jour de la troisième décade du premier mois de l’an deux de la République Française. En conséquence les manœuvriers ont commencé au nombre de quinze à travailler le 27 frimaire au dit château et avons signé le même jour et an que dessus. Signé Bel Maire”.

Le 4 nivose An II de la République (24 décembre 1793), continuation de la démolition du château de Cuzorn : “Voulant faire exécuter les décrets des 18 et 21 mars qui ordonnent la démolition de châteaux forts flanqués de bastions entourés de redoutes et de fossés ceints de murs à créneaux avec ponts levis, qu’après la publication de la loi le propriétaire commença 15 jours ou 3 semaines après à la démolition des tours et que l’ouvrage ayant été interrompu pendant quelque temps nous, officiers, avons requis maçons, charpentiers et manœuvres pour continuer la démolition des objets soumis au dit décret et qu’ils doivent continuer jusqu’à la fin de l’exécution de ladite loi, c’est-à-dire qu’on descendra la grande tour entourée des mâchicoulis jusqu’au niveau du corps de logis, et les fossés seront comblés, les créneaux fermés, la tour dite de Nérac en forme de redoute et jointe au corps de logis par un pont de bois, déjà découverte, sera démolye si toutefois les maisons qui se trouvent au dessous ne risquent point de cette démolition complète.”

Mme Veuve de Bellecombe s’était retirée à Villeneuve-sur-Lot dans une maison lui appartenant. Le Directoire de Villeneuve-sur-Lot mit sous séquestre ses biens car elle était considérée comme suspecte, "puis sa maison fut mise en réquisition pour servir de prison aux cy devant nobles vieillards ou infirmes.”

Un extrait du registre des actes civils du bureau de Tournon, daté du 17 thermidor an VI (4 août 1798), indique qu’une cession du domaine de Cuzorn avec toutes ses dépendances a été faite par Suzanne et Élisabeth de Bellecombe au profit de leur neveu Jean-Baptiste de Frontin, moyennant une pension viagère de quatre mil francs.

cuzorn
21/03/02